|
|
|
Qu'est ce qu'une icône ?Avant propos de Mgr Garnier, archevêque de Cambrai On ne peint pas une icône. On l’écrit.
Et on l’écrit pour dire le plus fidèlement possible la foi de l’Église avec des couleurs. Chaque ligne, chaque teinte dit quelque chose de cette foi reçue, à transmettre avec fidélité.
L’iconographe prie avant d’écrire. Il se laisse habiter par le mystère dont il veut entrouvrir la porte. Ce qu’il va graver sur l’enduit qui couvre le bois se grave aussi dans son cœur. Il va partir des couleurs les plus sombres – des ténèbres de sa foi – pour, par touches successives et de plus en plus fines, disposer les plus claires : il accède à la lumière en illuminant de quelques derniers traits l e visage du Christ, de Marie et des saints. Dans l’icône, il n’y a jamais de ciel bleu, avec nuages et petits oiseaux, mais seulement l’or inaltérable de la lumière de Dieu. Celui qui regarde l’icône s’ouvre à Dieu, à ce Dieu unique qui bouleverse celui qui s’en laisse habiter, d’où le renversement des lignes de fuite qui s’écartent au lieu de se rejoindre à l’infini, et nous emmènent vers un horizon sans limites. L’iconographe est humble. Il ne signe jamais de son nom l’œuvre dont il veut qu’elle lui échappe. Il demande à l’Église de consacrer et de reconnaître, par le fait même, qu’elle dit bien la foi. Elle est alors un vrai "sacramental", un chemin de rencontre authentique de Dieu et des saints.
D’où la vénération dont nos frères chrétiens d’Orient l’entourent. Ils l’embrassent, l’encensent et l’illuminent, avec de véritables fagots de cierges.
|